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L'UE assouplit la conformité et retarde le déploiement du règlement sur la déforestation

L'UE assouplit la conformité et retarde le déploiement du règlement sur la déforestation

L'UE assouplit la conformité et retarde le déploiement du règlement sur la déforestation

  • Le règlement de l'UE sur la déforestation (EUDR) s'appliquera désormais aux grandes et moyennes entreprises à partir du 30 décembre 2025, et aux micro et petites entreprises à partir du 30 décembre 2026, introduisant une période de transition supplémentaire pour permettre au système informatique sous-jacent d'évoluer.
  • Les nouvelles règles réduisent les exigences de déclaration pour les acteurs en aval (détaillants, fabricants) et les micro/petits opérateurs primaires dans les juridictions à faible risque, transférant l'essentiel de la responsabilité de diligence raisonnable aux premiers entrants sur le marché et aux importateurs.
  • La Commission réaffirme que l'objectif principal de l'EUDR — empêcher les produits présentant un risque pour les forêts d'entrer sur le marché de l'UE s'ils sont liés à la déforestation ou à la dégradation des forêts — reste intact, signalant qu'il s'agit d'un recul procédural plutôt que politique.

Bruxelles prend des mesures pour garantir la préparation du système

La Commission européenne a dévoilé une proposition visant à recalibrer la mise en œuvre du règlement UEDR, le règlement phare de l'Union européenne visant à garantir que les matières premières telles que le cacao, le café, le bœuf, l'huile de palme, le caoutchouc et le bois entrant sur le marché de l'UE soient exemptes de déforestation et produites conformément aux législations locales. Dans une déclaration publiée le 21 octobre 2025, la Commission a reconnu que l'infrastructure informatique développée pour gérer les soumissions de déclarations de diligence raisonnable est confrontée à un trafic beaucoup plus important que prévu initialement. Afin d'éviter une surcharge du système et de garantir un accès fluide au marché, la proposition introduit des simplifications ciblées et des dates d'application échelonnées.

Simplifier les obligations dans les chaînes d'approvisionnement complexes

En vertu des révisions, les opérateurs mettant des marchandises sur le marché de l'UE seront toujours tenus de soumettre des déclarations de diligence raisonnable, mais les fabricants et négociants en aval seront dispensés de cette obligation de soumission directe. La responsabilité du dépôt incombera à l'importateur ou à l'opérateur du premier marché, tandis que les acteurs en aval se contenteront de référencer cette soumission.

De plus, les producteurs classés comme « micro et petits opérateurs primaires » dans les pays considérés comme à faible risque seront soumis à une procédure encore plus souple : une déclaration unique plutôt que des rapports réguliers. Lorsque les systèmes nationaux contiennent déjà les données pertinentes, cette obligation peut être levée.

Pour les investisseurs et les cadres dirigeants impliqués dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, cela signifie que les contraintes de conformité se concentreront de plus en plus en amont de l'écosystème commercial de l'UE. Les entreprises doivent revoir le segment de la chaîne qu'elles occupent – ​​importateur, fabricant, distributeur – et recalibrer leurs investissements en matière de conformité en conséquence.

Mise en œuvre progressive et implications pour les partenaires commerciaux

La proposition confirme que pour les grandes et moyennes entreprises, le règlement entrera en vigueur le 30 décembre 2025, mais prévoira un délai de grâce de six mois pour les contrôles et l'application. Pour les micro et petites entreprises, l'ensemble des obligations entrera en vigueur le 30 décembre 2026.

Les partenaires commerciaux et les opérateurs de pays tiers, y compris ceux basés dans les principaux pays producteurs, noteront que, malgré un léger décalage dans le calendrier, les obligations fondamentales demeurent inchangées. Comme l'a souligné l'ONG de politique forestière World Resources Institute dans une déclaration : la proposition abandonne les options de libéralisation les plus extrêmes (telles que les exemptions accordées aux pays grossistes) tout en préservant l'architecture fondamentale du règlement.

Du point de vue de la gouvernance, cela indique que l'UE reste déterminée à déployer son influence réglementaire sur les flux de matières premières à risque forestier, même si le déploiement pratique est désormais plus mesuré. Pour les acteurs financiers soutenant des projets de transformation de la chaîne d'approvisionnement, le message est clair : l'horizon réglementaire reste serré, mais une période tampon existe désormais pour la préparation des systèmes et la mise en conformité.

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Points stratégiques à retenir pour les responsables ESG et de l'investissement

Pour les conseils d’administration et les investisseurs, ce changement de politique entraîne trois principaux enseignements :

  1. Priorité en amontLa conformité est résolument orientée vers les acteurs du marché entrant. Les risques de déclaration se concentrent principalement sur les importateurs, les opérateurs primaires et les producteurs du pays d'origine. Les entreprises en aval doivent continuer à surveiller la traçabilité, mais pourraient bénéficier d'un allègement administratif.
  2. Atténuation des risques du systèmeLa capacité du système informatique, autrefois une question de conformité, est désormais structurellement pertinente. Les entreprises doivent tenir compte de la période de grâce transitoire et se préparer en interne en conséquence afin d'éviter les imprévus de dernière minute.
  3. Clarté de l'allocation du capitalLes petits opérateurs et les segments en aval bénéficiant d'obligations plus légères, les flux d'investissement pourraient se déplacer vers l'amont, vers les technologies de traçabilité, les systèmes de données sur les pays d'origine et la modernisation côté producteur. Les bailleurs de fonds devraient réévaluer les domaines où les capitaux offriront la plus grande valeur en termes d'atténuation des risques.

Un levier mondial pour l'intégrité des forêts

Bien que la réforme puisse être perçue – par certains exportateurs de matières premières – comme un retard, elle préserve en réalité l'ambition première du règlement : aligner les règles du marché de l'UE sur les objectifs mondiaux de protection des forêts. Alors que la déforestation et la dégradation des forêts figurent toujours parmi les plus gros émetteurs après les combustibles fossiles, l'EUDR constitue un levier important à l'interface entre le commerce, le climat et la gouvernance de la nature.

Pour les multinationales, les investisseurs et les décideurs politiques de plus de 180 pays, cette évolution est importante car elle redéfinit non seulement les parcours de conformité, mais aussi les flux d'investissement vers les régions de production, les infrastructures de traçabilité et les cadres de gestion des risques. L'UE ne recule pas ; elle rend la mise en œuvre plus pragmatique. Il appartient désormais à la chaîne d'approvisionnement mondiale de rattraper son retard.

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