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La France réaffirme son soutien aux objectifs de financement climatique de la Banque mondiale malgré la pression américaine

La France réaffirme son soutien aux objectifs de financement climatique de la Banque mondiale malgré la pression américaine

La France réaffirme son soutien aux objectifs de financement climatique de la Banque mondiale malgré la pression américaine


• La nouvelle ministre française du Développement, Eléonore Caroit, a déclaré que Paris continuerait à soutenir l'objectif de financement climatique de 45% de la Banque mondiale malgré l'opposition des États-Unis.
• L’administration Trump fait pression sur le prêteur pour qu’il abandonne son programme climatique et reprenne le financement des combustibles fossiles.
• La France prévoit de placer l’action climatique au cœur de sa présidence du G7 en 2026, en alignant les objectifs de l’Accord de Paris sur les priorités mondiales de développement.

La France s'oppose aux efforts américains visant à diluer l'ambition climatique

La nouvelle ministre française du Développement, Éléonore Caroit, a promis que Paris continuerait de défendre le mandat de financement climatique de la Banque mondiale face aux tentatives américaines de le réduire. S'exprimant en marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, Mme Caroit a déclaré que la France « ne renoncerait pas » à l'objectif de 45 % de financement climatique fixé par le prêteur – un objectif fixé sous l'administration Biden et désormais menacé par la nouvelle insistance de l'administration Trump en faveur du financement des énergies fossiles.

"Nous continuons donc évidemment à soutenir l’objectif de 45 % », Caroit a déclaré aux journalistes : «Le climat est d’une importance capitale car nous sommes en phase avec l’objectif de développement et de création d’emplois de la Banque, mais il doit s’agir d’emplois sur une planète vivable.

Ses commentaires interviennent quelques jours après sa nomination au cabinet du Premier ministre français Sébastien Lecornu au poste de secrétaire d'État à la Francophonie, aux Partenariats internationaux et aux Outre-mer. La position affirmée de la France témoigne de sa volonté de maintenir la gouvernance financière mondiale alignée sur l'Accord de Paris, dans un contexte de divergences géopolitiques croissantes sur les priorités climatiques.

Conflit autour du mandat climatique de la Banque

En 2023, Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga a persuadé les actionnaires d’adopter une nouvelle déclaration de vision : «Un monde sans pauvreté sur une planète vivableCette formulation a été conçue pour intégrer le climat et la durabilité dans la mission de développement de la Banque tout en libérant une capacité de bilan supplémentaire.

Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga

Mais le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a critiqué cette approche, la qualifiant de « marketing fade et axé sur les mots à la mode ». L'administration Trump a exhorté la Banque à abandonner sa focalisation sur le climat et à reprendre le financement des projets liés au charbon, au pétrole, au gaz et au nucléaire. Dans son discours devant le comité directeur du FMI la semaine dernière, Bessent a déclaré que l'objectif de 45 % de « co-bénéfices » climatiques fausse les priorités de prêt et restreint l'accès des pays en développement à une énergie fiable.

Caroit a confirmé qu'elle avait soulevé la question directement auprès de Bessent à Washington. « Ce qui est important, c’est d’avoir des conversations franches et de voir où se situent les désaccords,« a-t-elle déclaré. Malgré leurs divergences politiques, elle a noté des points de convergence, notamment autour de l'énergie nucléaire et des projets de résilience.

La France cherche un terrain d'entente sur l'énergie et l'adaptation

La France et les États-Unis partagent une vision pragmatique du rôle de l'énergie nucléaire dans la transition énergétique. Avec plus de 50 réacteurs produisant plus de 70 % de son électricité, la France défend depuis longtemps le nucléaire comme une source d'énergie durable et bas carbone. Caroit a déclaré que ce terrain d'entente pourrait asseoir une coopération plus large, même si Washington résiste aux objectifs climatiques multilatéraux.

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Elle a également souligné que les deux pays peuvent collaborer sur les efforts d'adaptation et de résilience, c'est-à-dire sur des projets visant à atténuer les risques d'inondations ou d'incendies de forêt tout en préservant la croissance économique. Ces investissements, a-t-elle soutenu, sont «le financement climatique sous un autre nom,« même si les États-Unis préfèrent les présenter comme des infrastructures ou des mesures de prévention des catastrophes. »Ils peuvent l'appeler comme ils veulent,« Caroit dit : «mais l'impact est le même. »

Implications plus larges pour le financement climatique mondial

Le différend sur les objectifs climatiques de la Banque mondiale reflète une fracture plus profonde dans le financement du développement mondial. Sous la direction de Banga, la Banque a cherché à mobiliser des milliers de milliards de capitaux privés pour des projets liés au climat et au développement durable, tout en équilibrant les besoins énergétiques des pays à faible revenu. L'opposition des États-Unis pourrait affaiblir ce programme, ce qui pourrait dissuader d'autres actionnaires de maintenir des objectifs climatiques ambitieux.

Pour la France, cette confrontation revêt un poids politique et diplomatique. Alors qu'elle se prépare à diriger le G7 en 2026, Paris entend profiter de sa présidence pour renforcer l'alignement entre les institutions financières multilatérales et l'Accord de Paris. Le maintien du mandat climatique de la Banque mondiale est au cœur de cette vision.

L'intervention précoce de Mme Caroit à Washington témoigne de la continuité de la diplomatie climatique française et réaffirme la position plus générale de l'Europe selon laquelle croissance et développement durables doivent rester étroitement liés. Comme elle l'a déclaré, « le développement et l'emploi n'ont de sens que sur une planète vivable ».

Outlook

Les prochains mois permettront de vérifier si le bloc actionnaire de la Banque mondiale est capable de préserver le consensus sur ses objectifs climatiques face à la résistance américaine. Pour les investisseurs et les décideurs politiques, l'issue du débat déterminera non seulement les futurs flux de prêts, mais aussi la crédibilité du financement multilatéral comme moteur de la transition bas carbone. La France, pour sa part, semble déterminée à maintenir ce programme, même si Washington change de ton.

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