La Nouvelle-Zélande relève les seuils de déclaration des risques climatiques pour relancer les marchés financiers
• Le seuil de capitalisation boursière pour les divulgations climatiques obligatoires est passé de 60 millions de dollars néo-zélandais à 1 milliard de dollars néo-zélandais (environ 573 millions de dollars américains).
• Les programmes d’investissement gérés ont été retirés du régime, réduisant le nombre d’entités déclarantes de 164 à 76.
• Cette politique s’inscrit dans le cadre de réformes plus vastes visant à réduire les coûts de conformité et à attirer de nouvelles cotations NZX.
Wellington prend des mesures pour restaurer la confiance des entreprises
La Nouvelle-Zélande assouplit ses exigences en matière de reporting climatique dans le cadre d'un effort plus vaste visant à revitaliser les marchés financiers et à alléger la charge réglementaire pesant sur les petites entreprises cotées. Le gouvernement relèvera le seuil de capitalisation boursière pour la publication obligatoire de 60 millions de dollars néo-zélandais à 1 milliard de dollars néo-zélandais (environ 573 millions de dollars américains), soit un seizième de plus, ce qui réduira considérablement le nombre d'entreprises tenues de déclarer leurs risques financiers liés au climat.
Le ministre du Commerce et des Affaires des consommateurs, Scott Simpson, a déclaré que les ajustements visent à rendre le régime «« adapté à l'usage » après que certaines entreprises ont signalé des coûts de conformité pouvant atteindre 2 millions de dollars néo-zélandais.Nous procédons à des ajustements de bon sens afin que le régime soutienne la croissance plutôt que de décourager les cotations.», At-il dit.
Les plans d'investissement gérés (MIS) seront entièrement supprimés du régime de déclaration, réduisant le nombre total d'entités déclarantes de 164 à 76. La législation relative aux réformes sera introduite par le biais du projet de loi portant modification de la conduite des marchés financiers, qui devrait être adopté d'ici 2026.
De la dissuasion à l'incitation
Ces changements interviennent dans un contexte de faible activité à la Bourse de Nouvelle-Zélande. Depuis 2020, seules 34 sociétés ont été cotées – dont six introductions en bourse – tandis que 37 ont été radiées. Le gouvernement considère que les coûts de conformité et les obligations de déclaration comptent parmi les facteurs qui dissuadent les petites entreprises d'entrer sur le marché.
Les réformes visent à «encourager de nouvelles cotations en bourse, réduire les coûts pour les petites sociétés cotées et améliorer la transparence sur les investissements en actifs privés », Simpson a déclaré. Ces mesures font suite aux précédentes mesures prises en juin, qui ont rendu facultative la communication d'informations financières prévisionnelles pour les entreprises se lançant en bourse, une mesure destinée à réduire les coûts d'introduction en bourse et les risques de divulgation.
En vertu des nouvelles règles de reporting climatique, seules les plus grandes entreprises du pays – celles dont la capitalisation boursière est supérieure à 1 milliard de dollars néo-zélandais – seront tenues de publier des informations annuelles sur le climat. Les petites entreprises seront exemptées, tandis que les grandes entités devront continuer à publier des informations sur leur exposition aux risques et opportunités climatiques.
Un réétalonnage, pas un recul
La Nouvelle-Zélande a été l'un des premiers pays à légiférer sur la publication obligatoire d'informations financières liées au climat, obligeant les grandes entreprises à publier leurs résultats conformément aux principes du Groupe de travail sur la publication d'informations financières liées au climat (TCFD). Les premiers rapports ont été publiés en 2024.
Les critiques de ce recul mettent en garde contre le risque que la hausse du seuil affaiblisse la responsabilité climatique des entreprises, au moment même où les normes internationales de reporting convergent sous l'égide du Conseil des normes internationales de durabilité (ISSB). Cependant, les responsables gouvernementaux décrivent cette mesure comme un réajustement plutôt qu'un recul, visant à concilier transparence et compétitivité.
L'administration ajuste également les dispositions relatives à la responsabilité des administrateurs et des entreprises afin de clarifier la responsabilité relative aux données climatiques déclarées. Les responsables affirment que ces précisions sont nécessaires pour éviter que les administrateurs ne soient exposés à des risques juridiques disproportionnés dans un contexte de reporting en constante évolution.
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Accroître la visibilité sur les marchés privés
En complément des modifications apportées à la déclaration climatique, le gouvernement introduira de nouvelles catégories d'actifs pour les fonds gérés, notamment les plans KiwiSaver, afin d'accroître la visibilité des investissements en actifs privés. À compter de mars 2027, les gestionnaires de fonds devront préciser si chaque actif est basé en Nouvelle-Zélande ou à l'étranger, et le classer par type (infrastructures, dette ou actions non cotées, par exemple).
Les déclarations seront déposées au registre des divulgations de l'Office des sociétés, ce qui permettra aux investisseurs de mieux suivre l'allocation des capitaux des fonds KiwiSaver et la performance des actifs non cotés au fil du temps. Cette initiative s'inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement visant à approfondir les canaux d'investissement nationaux et à renforcer la confiance des investisseurs particuliers et institutionnels.
Implications pour les investisseurs et la gouvernance
Pour les dirigeants d'entreprise, le nouveau régime réduit la charge de conformité immédiate, mais introduit de nouvelles attentes en matière de gouvernance. Les grandes capitalisations resteront sous surveillance afin de démontrer une gestion crédible des risques climatiques et une résilience stratégique conforme aux cadres conformes à l'ISSB. Les investisseurs peuvent également s'attendre à des divulgations volontaires de la part des entreprises de taille moyenne souhaitant préserver leur crédibilité ESG malgré leur exemption de publication obligatoire.
Pour les décideurs politiques et les régulateurs, ces réformes permettent de tester dans quelle mesure la transparence climatique peut être réduite sans compromettre la confiance des investisseurs. À l'échelle internationale, cette initiative constituera un cas d'école pour concilier ambitions de développement durable et compétitivité des marchés, d'autant plus que d'autres petites économies sont confrontées à des pressions financières similaires pour la mise en œuvre de régimes similaires à ceux du TCFD.
D’ici 2026, lorsque le nouveau cadre entrera pleinement en vigueur, l’approche de la Nouvelle-Zélande révélera si une approche plus légère peut redynamiser les cotations tout en préservant l’intégrité de la gouvernance climatique sur l’un des marchés ESG les plus progressistes au monde.
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