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Le Maroc fixe l'échéance de 2040 pour mettre fin à l'énergie au charbon et accélérer le développement des énergies renouvelables

Le Maroc fixe l'échéance de 2040 pour mettre fin à l'énergie au charbon et accélérer le développement des énergies renouvelables

Le Maroc fixe l'échéance de 2040 pour mettre fin à l'énergie au charbon et accélérer le développement des énergies renouvelables

  • Le Maroc vise à éliminer progressivement la production d’électricité à partir du charbon d’ici 2040, sous réserve d’obtenir un financement international pour la lutte contre le changement climatique.
  • Le charbon fournirait encore près de 60 % de l'électricité du Maroc en 2024, même si cette part est tombée à 70 % en 2022.
  • Le gouvernement accélère le développement des capacités en matière d’énergies renouvelables et de gaz, visant à atteindre 52 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national d’ici 2030.

Positions du Maroc pour un avenir énergétique post-charbon

Le Maroc s'est engagé à éliminer le charbon d'ici 2040, à condition d'attirer suffisamment de financements internationaux pour soutenir la transition climatique, selon l'Alliance « Powering Past Coal » (PPCA). Cette annonce place le Maroc parmi un petit groupe d'économies émergentes qui lient directement l'abandon progressif des combustibles fossiles à des financements concessionnels, à des partenariats climatiques et à un financement pour une transition juste.

Le Maroc a rejoint la PPCA en 2023, s'alignant ainsi sur une soixantaine de gouvernements œuvrant pour mettre fin à la production d'électricité à partir du charbon et accélérer le déploiement des énergies propres. La dernière déclaration de l'alliance a confirmé que Rabat avait suspendu la planification de nouvelles centrales à charbon – un tournant notable pour un pays historiquement fortement dépendant des importations de charbon pour sa production d'électricité.

De la dépendance au charbon à la croissance renouvelable

Le rôle du charbon dans le système énergétique marocain reste prépondérant, mais il se réduit. En 2024, il fournissait 59.3 % de l'électricité, contre 70 % deux ans plus tôt. Ce déclin s'explique par la mise en service de nouvelles capacités solaires et éoliennes et par le développement des infrastructures de gaz naturel par le gouvernement afin de fournir une capacité de base transitoire.

Le ministère de l'Énergie vise à ce que les énergies renouvelables atteignent 52 % de la capacité installée d'ici 2030, contre environ 45 % aujourd'hui. Le Maroc est devenu l'un des principaux développeurs d'énergies renouvelables en Afrique, avec des projets phares tels que le complexe solaire Noor Ouarzazate et les grands parcs éoliens de Tarfaya et Midelt.

"Le Maroc a arrêté de planifier de nouvelles centrales à charbon," a déclaré le ministre de l'énergie du pays dans un communiqué via la PPCA, décrivant la politique comme "un engagement tourné vers l’avenir visant à équilibrer la sécurité énergétique, l’accessibilité financière et la durabilité. »

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Financer une transition juste

L'abandon du charbon présente des défis financiers et sociaux majeurs. L'énergie au charbon demeure un employeur clé dans plusieurs régions, et les fermetures anticipées de centrales existantes pourraient entraîner des pertes d'actifs et des pertes d'emplois si elles ne sont pas gérées avec prudence.

Rachid Ennassiri, directeur du groupe de réflexion indépendant sur le climat Imal, a déclaré le calendrier du Maroc « signale l’intention de gérer les départs à la retraite anticipés des centrales, les réformes contractuelles et une transition juste soutenue par un financement international accessible pour le climat. »

Les analystes soulignent que la stratégie du Maroc repose sur des partenariats mondiaux. Le pays cherche à accéder à des prêts concessionnels et à des subventions par le biais de mécanismes tels que les Fonds d'investissement pour le climat et les Partenariats pour une transition énergétique juste (JETP), des cadres qui mobilisent déjà des milliards pour des pays comme l'Afrique du Sud, l'Indonésie et le Vietnam.

Importance stratégique pour la transition énergétique mondiale

Les progrès du Maroc seront suivis de près par les bailleurs de fonds multilatéraux et les partenaires régionaux qui préparent leurs propres plans de sortie progressive du carbone avant la COP30 au Brésil. Alors que les pressions en matière de sécurité énergétique et d'accessibilité financière persistent, le plan de cet État nord-africain illustre à la fois les opportunités et les complexités auxquelles sont confrontées les économies en développement dans le cadre de l'Accord de Paris.

En alignant sa sortie du charbon sur les objectifs de déploiement des énergies renouvelables et les canaux de financement internationaux, le Maroc pourrait établir un modèle reproductible pour les pays à revenu faible et intermédiaire, équilibrant croissance et décarbonation.

Si elle se concrétise, l’élimination progressive du charbon d’ici 2040 transformerait le mix énergétique du Maroc en l’un des plus propres du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, remodelant la dynamique du commerce de l’énergie, réduisant les émissions et positionnant le pays comme un pôle régional des énergies renouvelables pour l’Europe et l’Afrique.

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