COP 30 : Résumé du jour 3
- L'Initiative mondiale pour l'emploi et les compétences souligne le potentiel de plus de 650 millions d'emplois liés au climat au cours de la prochaine décennie.
- Six pays rejoignent la nouvelle Initiative mondiale pour l'intégrité de l'information alors que la désinformation apparaît comme un risque climatique majeur.
- Les marchés publics, le patrimoine culturel et les cadres d'investissement conformes aux obligations fiduciaires occupent une place centrale à mesure que la COP30 passe des promesses aux mécanismes concrets.
Une journée façonnée par les gens, les compétences et le pouvoir culturel
Les délégués ont clôturé la troisième journée de la COP30 avec un message clair et net : la dimension humaine de l’action climatique passe de la rhétorique à la mise en œuvre. Le lancement de l’Initiative mondiale pour l’emploi et les compétences dans la nouvelle économie a donné le ton, positionnant le développement de la main-d’œuvre non comme un simple complément à la politique climatique, mais comme un pilier fondamental. Le rapport phare de l’Initiative prévoit que la transition pourrait générer 375 millions de nouveaux emplois dans les secteurs de l’atténuation et des industries à faibles émissions de carbone, auxquels s’ajouteraient 280 millions d’emplois liés à l’adaptation.
Le groupe collabore déjà avec les gouvernements et les employeurs pour intégrer la planification de la main-d'œuvre aux stratégies nationales de transition. Le Brésil, le Cambodge, l'Indonésie, le Kenya, le Pakistan, les Philippines, l'Afrique du Sud et l'Égypte sont les premiers partenaires engagés. Son plan opérationnel vise à étendre la coordination à plus de 20 pays et 40 institutions d'ici 2028, témoignant de la conviction que la préparation de la main-d'œuvre est désormais essentielle à la compétitivité dans une économie bas carbone.
Renforcer la gouvernance autochtone dans la planification de l'adaptation
Le dialogue ministériel du jour sur l'adaptation des peuples autochtones a permis d'orienter les négociations vers des solutions plus concrètes. Des représentants de l'Amazonie à l'Arctique ont décrit comment les modèles de gouvernance locale, les savoirs ancestraux et la gestion responsable des terres offrent des cadres pratiques d'adaptation. Le Conseil autochtone de Roraima, au Brésil, a présenté cinq plans d'adaptation déjà élaborés avec les communautés de la région, suscitant un intérêt pour leur mise en œuvre dans d'autres territoires autochtones.
Les délégués ont noté que ces approches commencent à influencer le cadre d'indicateurs de l'Objectif mondial relatif à l'adaptation. L'argument principal de la table ronde était clair : la résilience climatique ne peut être atteinte sans intégrer la gouvernance et les droits des peuples autochtones dans la planification climatique nationale.
L'intégrité de l'information devient une priorité formelle des COP
Pour la première fois lors d'une conférence des Nations Unies sur le climat, l'intégrité de l'information a occupé une place centrale dans l'ordre du jour. Des délégations de Belgique, du Canada, de Finlande, d'Allemagne, d'Espagne et des Pays-Bas ont rejoint l'Initiative mondiale pour l'intégrité de l'information sur les changements climatiques, élargissant ainsi son champ d'action face aux préoccupations croissantes concernant l'impact de la désinformation sur la confiance du public, les investissements climatiques et le consensus démocratique.
L'Initiative a présenté un plan jusqu'en 2028 : soutien aux cadres juridiques dans au moins dix pays, mobilisation de 10 millions de dollars américains via le fonds de l'UNESCO en priorité pour les pays du Sud, et élaboration d'une Charte de principes pour une publicité climatique responsable, à adopter par les principaux éditeurs, plateformes numériques et entreprises d'IA. Dix projets financés ont également été annoncés, ainsi qu'un processus de dialogue qui se poursuivra jusqu'à la COP31.
Tirer parti des marchés publics et des capitaux des investisseurs
L'attention s'est ensuite portée sur les leviers systémiques capables de transformer les marchés à grande échelle. L'ONUDI et l'Initiative pour une décarbonation industrielle profonde ont lancé un plan visant à aligner les marchés publics sur les objectifs de transition juste dans les secteurs du ciment, du béton et de l'acier. Le Brésil, le Mexique, la Norvège et les Pays-Bas ont confirmé leur participation, et d'autres gouvernements sont en discussion. Compte tenu de la valeur de plusieurs milliers de milliards de dollars des marchés publics mondiaux, les partisans de cette initiative ont fait valoir que l'alignement des normes d'achat sur les exigences en matière de réduction des émissions de carbone pourrait créer des signaux durables de la demande industrielle, influençant ainsi la trajectoire des émissions.
Par ailleurs, le Sommet des investisseurs institutionnels a réuni les principaux investisseurs afin d'élaborer un message commun pour la Journée de la finance. Les discussions ont porté sur le financement de la transition, la répartition des risques et les conditions politiques nécessaires pour catalyser les flux de capitaux vers les marchés émergents. Les investisseurs institutionnels se sont engagés à présenter un rapport aux ministres des Finances, établissant un lien entre responsabilité fiduciaire et déploiement d'actifs respectueux du climat.
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La culture et la jeunesse comme moteurs de l'engagement public
La culture a occupé une place inhabituellement importante à l'ordre du jour. Le Groupe des Amis pour l'action climatique fondée sur la culture a lancé un nouveau plan visant à intégrer le patrimoine culturel aux plans nationaux d'adaptation. Ministres, artistes et dirigeants autochtones ont expliqué comment le récit et l'identité peuvent influencer la perception du public face aux risques climatiques. La table ronde sur l'art du récit a suscité un vif intérêt, mêlant expression créative, militantisme et politiques publiques d'une manière qui a trouvé un écho favorable auprès des délégués.
Les Jeunes Champions du Climat ont accentué la pression en faveur d'une gouvernance intergénérationnelle, exhortant les décideurs à considérer la justice et la participation comme des composantes essentielles et non négociables de la stratégie climatique. Parallèlement, le Cercle des Peuples de Maloca a poursuivi les discussions sur la justice raciale, les droits des peuples autochtones et les solutions communautaires, réaffirmant que l'action climatique ne se limite pas aux seuls objectifs nationaux.
Les négociations progressent
Les négociateurs ont qualifié les échanges de constructifs, grâce notamment à une étroite collaboration avec les observateurs et la société civile. Les délégués ont présenté les progrès de la journée comme la preuve que la coopération multilatérale peut encore être un moteur de progrès dans un contexte géopolitique fragmenté.
Alors que la COP30 entame sa prochaine phase, l'accent mis sur les personnes, les compétences, la culture et la gouvernance témoigne d'un changement stratégique : la mise en œuvre de la lutte contre le changement climatique est de plus en plus indissociable des infrastructures sociales, de la responsabilité et de la confiance du public. Les décisions prises ici détermineront si la transition créera des opportunités pour tous ou si elle creusera les inégalités mondiales – une question qui continue de définir l'économie climatique.
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